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dimanche, 01 mai 2016 13:50

Et de deux !

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On prend les mêmes et on recommence.

Enfin, presque ! Une fois de plus, nous avons mis le bandeau pour défendre nos couleurs en finale. Sauf que cette fois au stress d’affronter une équipe du Sud, s’ajoutait la pression de défendre notre cher et meilleur ami depuis un an : boubou notre bouclier.

C’est vrai qu’on s’était habituées à l’avoir et ne pas repartir avec est devenu une éventualité à laquelle personne ne voulait croire. Les jours précédents le dimanche n’ont pas été de tout repos. Tout le monde y pensait dans un coin de sa tête et je doute qu’un seul membre de notre groupe ait dormi plus de 12 heures cumulées ce week-end-là. Le bus de l’aller, ambiance reposée, la route défile, les minutes aussi. L’excitation monte, l’une d’entre nous prend la parole, elle a un discours à faire, une feuille de papier tellement chiffonnée qu’on dirait qu’elle est passée à la machine. Trouver les mots qui touchent pour exprimer des choses, pour atteindre cet état d’esprit nécessaire à la victoire finale, pour mettre en garde de notre pire ennemi en ce jour spécial : nous-même. Cette joueuse c’est moi, mais finalement quelle importance, cette joueuse c’est chacune d’entre nous qui prend la parole pour dire aux autres la confiance et le combat à venir. L’état d’esprit est le bon, la préparation est impeccable. Le bon dosage d’émotion et de rage, de stress et d’envie. Comme en cuisine, on progresse dans la recette et le résultat promet d’être explosif ! Un dernier regard avant de plonger dans l’arène, derniers mots, dernières accolades, dernières pensées cohérentes. Premier coup de sifflet : c’est parti.

L’adrénaline est comme une dynamite qui explose dans nos muscles.

Une seule certitude : impossible de perdre aujourd’hui, pas avant d’atteindre les 100%. Le sérieux du match qui se déroule n’a d’égal que la ferveur des supporters dans les tribunes. Un biniou a résonné et les drapeaux s’agitent, ça crie, ça applaudit. Rien ne nous détourne de notre but et nous ouvrons le score sur pénalité. La bataille sur le terrain est intense. Les adversaires sont à notre hauteur mais il leur manque quelque chose, quelque chose sans quoi concrétiser leur devient impossible. Ce n’est pas la vitesse, la puissance ou la technique, non. Elles l’ont. Ce n’est pas les qualités physiques, elles sont puissantes. C’est différents, c’est pas physique, c’est ailleurs. Après le match, je me dirais que c’est peut-être ce qui fait que notre équipe est si attachante, un petit quelque chose qui fait tout, un état d’esprit ? La conviction indéfectible que la victoire sera nôtre ? Nous sommes à 5 minutes du coup de sifflet final. La tension est insupportable, on n’ose y croire et on en est pourtant sûrs : impossible maintenant de perdre. On ne réalise pas encore l’énormité et toutes les conséquences de la victoire. Les joueuses s’agitent sur le banc de touche, on se serre dans les bras. Un dernier coup de pied. Un dernier coup de sifflet.

VICTOIRE !

Pour la deuxième fois, comme un goût de déjà vu en meilleur, en plus solide, en plus concret : on est double championnes de France et on le mérite. On remet en jeu notre titre et on le récupère après 80 minutes. En Bretagne, on ne plaisante pas avec les boucliers ! On l’a, on le garde ! Euphorie infinie, cri de joie, hurlements de bonheur, mélange de supporters et de maillots rouges rayés de noirs. Même si le président remet les médailles à nos adversaires au début, personne ne semble se rendre compte de tout ça. On se serre dans les bras, on saute de joie, on se porte, on se congratule, on applaudit le public, on chante, on danse, on pue la sueur et le sang, on est trempées, on y croit pas et pourtant on en était sûres. On l’a fait, l’histoire se répète et c’est doublement savoureux !

La suite est plus approximative : un petit buffet nous attend. Petit comparé à nos appétits de victoire et de gagne. Mais qu’importe : nous mettons l’ambiance à la bretonne et la présidente paye sa tournée. On danse, on chante, on crie dans une foule de déguisements et d’accoutrements tous plus rayés les uns que les autres, pour la plupart en tous cas ! On porte le bouclier à bout de bras et on entraine dans notre sillon de bonheur les gens assez près pour goûter à notre victoire. Le bus repart, la fête ne fait que commencer.

Charly notre coach prend l’initiative de remettre à chaque joueuse son maillot de match. Le bus exulte. L’émotion est à son comble. Chacune se voit acclamée et remettre maillot et médaille. La cérémonie des Césars est bien peu de choses comparée à la joie de recevoir comme récompense ce bout de tissu à l’odeur âcre, acide, trempé et tâché. Le rond de métal jaune qui l’accompagne donne du poids à notre titre et nous fait toucher la victoire d’autant plus fort. Cela scelle définitivement notre réussite, comme un cachet de cire rouge sur une enveloppe : rien ne peut désormais remettre en question notre titre ! Nous avons prévu plus de boissons que de nourriture et bientôt il faut s’arrêter pour satisfaire à des besoins naturels. Et je parle ici de crier notre joie à toute la planète, à commencer par les gens de l’aire d’autoroute. J’imagine encore leur incrédulité en voyant débarquer une équipe de rugby féminine en pleine troisième mi-temps. Il n’y a pas de mots pour décrire précisément ce qu’ils ont vu. Des filles hurlant et chantant « CHAMPIONNES DE FRANCE !!!! » courant dans tous les sens, prenant d’assaut la station et les WC, riant, criant et jouant. Personne n’a en cet instant un âge mental supérieur à 6 ans. Après un tel retour, et de façon totalement surprenante il parait que chacun a réussi à trouver le chemin de son lit.

La semaine s’écoule comme un jour sans fin.

En fait, au jour où j’écris ces mots, nous sommes toujours Dimanche 24 Avril 2016, 2 minutes après le coup de sifflet final. La Terre a cessé de tourner depuis. La joie stagne comme un nuage de bonne humeur autour de nous. Fièrement, nous continuons la vie avec un petit quelque chose en plus autour du cou. Le monde semble étranger à notre sentiment de victoire. Pourquoi les journaux ne parlent pas de nous ? Pourquoi les commerces ne nous offrent pas le café, les frites, un petit sourire, juste une baguette de pain en voyant notre médaille ? Ne savent-ils donc pas à qui ils parlent ? Au travail, à la piscine, à la BU, les gens ne semblent même pas voir que nous sommes les championnes de France. Alors nous allons réveiller Rennes. On va rallier les chômeurs, les fêtards, les pommés, les désespérés, les joyeux, les tristes à notre cause ! On va drainer pendant trois jours et trois nuits absolument tous les genres d’individus que l’on peut trouver entre la place des lices et la place Hoche. On va faire trembler Rennes jusque dans ses catacombes comme nous avons fait trembler la terre à Saintes contre Toulouse ! On va informer le monde que nous sommes là, que nous avons vaincu et on va lui montrer qui nous sommes !

Alors rendez-vous dans les bars, vous entendrez parler de notre équipe parce qu’elle a ce je ne sais quoi en plus qui va ébranler la réalité autour de vous jusqu’à ce que vous soyez obligé de nous voir et de voir combien c’est bon d’être double CHAMPIONNE DE FRANCE !

Charlotte "Alix" Gérard, 3ème ligne Fédérale XV

Charlotte Gérard

Arrivée au club en 2010, notre future médecin Charlotte, plus connue sous le surnom d'Alix, a dû s'exiler à Paris pour ses études en 2016. 3ème ligne, double championne de France avec l'équipe réserve, ses mots nous rappellent qu'elle garde toujours ses racines Rouges & Noires !

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